Dans les bras de Morphée
© Dominique Fortin
Il est déjà très tard… mes yeux
papillonnent et se ferment sans crier gare.
Derrière mes paupières alourdies de sommeil le monde extérieur disparait en une fraction de seconde me reléguant dans un ailleurs informe.
S’extraire du
canapé est déjà une gageure, se laver les dents une torture…Vite, rejoindre le lit, se glisser sous la couette
et laisser le corps s’abandonner
avec volupté à l’étreinte de Morphée.
Si la verticalité nous définit en tant qu’espèce, il faut quand même avouer que l’horizontalité
a aussi acquis ses lettres de noblesse !
Oh, que c’est bon !
A la lisière des mondes, j’adore cet
état d’une semi conscience vagabonde.
Promesse d’un sommeil
réparateur porteur d’une potentielle vie parallèle ou d’un vide abyssal, pas
non plus si mal !
Je lâche prise …enfin… plus
de maitrise.
Mon corps s’alourdit, ma
respiration ralentit et s’approfondit…le monde, en une poignée de secondes,
s’est évaporé pour laisser place à ce temps suspendu au gout d’éternité…qui
demain matin verra un nouveau jour se lever.
Ce que j’ignore encore c’est
ce que cette nouvelle nuit m’apportera, vers quelle aventure elle m’emmènera.
Où? Avec qui ? Qu’est-ce qu’on fera ? Qu’est-ce que mon inconscient
me soufflera ?
Est-ce que ça répondra à
mes questions ? Est-ce que ça dissoudra mes colères, mes tristesses, mes
frustrations ? Aurais-je de la visite ? Ceux que j’ai perdu, ceux qui
ont disparu, ceux que je ne vois plus, ceux que j’aime ou des inconnus ?
La nuit porte conseil si
l’on en croit le dicton. Le conseil sera-t-il bon ?
Ce qui m’a longtemps posé
question c’est si l’on rêve en couleur ou en noir et blanc ? Je rêve en
couleur, c’est bien plus porteur !
Au réveil, j’en ai
souvent oublié la teneur, ce qui reste est un sentiment, une impression comme
Monet dans ces soleils couchants.
Certains sont plus prégnants, peut-être plus importants…
Il m’arrive de pleurer et me réveille alors
avec la mâchoire crispée d’avoir probablement tant serré les dents. L’autre
nuit, par deux fois, j’ai ri ! ça m’a réveillé tellement ça m’a
surpris ! Vous dire pourquoi, là, je ne sais pas mais c’était tellement
bien que depuis, chaque soir, je croise les doigts pour revivre ça ! Et
puis il y a des nuits qui n’en finissent pas. Celles où le sommeil ne vient pas
malgré la fatigue et sans savoir pourquoi. Alors on se tourne cent fois,
regardant les heures défiler avec lenteur jusqu’au petit matin où Morphée vient
enfin nous prendre par la main.
C’est étrange le
sommeil…certains le fuient, d’autres s’y réfugient…moi j’y vois l’occasion
d’une seconde vie où tous les possibles sont permis : les lieux, les gens,
le passé, le présent, tout se croise, se mélange, tout parait cohérent ou
totalement délirant… un espace unique et singulier, un dedans/dehors
-corps/psyché qui chaque nuit nous invite à remettre en perspective la vie.
Faites de beaux rêves mes
amis.
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